Stecy Burnier travaille comme gardienne d’animaux à l’Oasis des Vétérans à Vaulruz.
Alors qu’elle vient de passer ses examens de CFC, la Châteloise présente ce refuge particulier qui ouvrira ses portes le 24 juin de 11h à 16h.
Difficile d’imaginer quand on l’aperçoit au loin, que la ferme située entre la route de Senmales et l’aire de la Joue des Ponts à Vaulruz, compte plus de 50 résidents: des chiens et des chats âgés ou handicapés, dont s’occupe une dizaine d’employés.
Stecy Burnier a intégré l’équipe de l’Oasis des Vétérans, il y a bientôt 3 ans pour y effectuer son CFC de gardienne d’animaux.
Âgée aujourd’hui de 19 ans, elle vient de terminer sa formation et apprécie particulièrement la pratique des soins au sein de la formation.
Cela tombe bien, l’Organisation qui l’a formée, offre une retraite paisible aux animaux que la vie a souvent malmenés, à quelques kilomètres de son domicile à Châtel-St.-Denis.
Accompagner avec dignité
Une grande partie des résidents sont encore vifs et ils accourent au portail pour accueillir les visiteurs dans un concert d’aboiements.
Les plus petits et les plus sages se déplacent librement au rez-de-chaussée de la maison où se trouve l’administration qu’ils intègrent allégrement. La trentaine de cabots peuvent accéder comme ils le souhaitent à l’extérieur. Les plus excités et ceux qui éprouvent un besoin de repos sont séparés l’après-midi pendant les heures de visite, à la suite des activités matinales (nettoyage, soins et prises de repas).
A côté de la bâtisse, des maisonnettes colorées reçoivent les plus grands spécimens sur des espaces privée extérieurs. D’autres, à qui la meute de convient pas, logent dans des boxes fermée avec accès au jardin, à côté de la chatterie où fleurissent les arbres à chats. « les félins sont plus territoriaux que les chiens » note la jeune femme. « L’observation justement, est une notion clé dans ce métier » note sa formatrice et responsable de l’établissement, Léa Délétroz.
« Même si nous offrons des soins, nous ne sommes pas assistants vétérinaires » précise cette dernière « Nous devons surtout anticiper particulièrement dans cet environnement avec les cabossés et les aînés ».Le moindre changement de comportement doit être signalé. Dans les espaces communs, une hiérarchie se met en place naturellement entre les résidents: « moins nous intervenons à ce niveau-là, mieux c’est ».
Les causes d’abandon sont multiples: entrée en EMS, décès… Certains sont en pension, mais ce n’est pas la majorité: il s’agit principalement d’anciens résidents pour les vacances précise Léa Délétroz.
Le but premier de l’Oasis des Vétérans consiste à recueillir et à offrir une belle fin de vie aux chiens et chats âgés ou/et handicapés. « Si nou les proposons à l’adoption et qu’ils trouvent une famille, c’est bonus! »
Il arrive que les soins appropriés ne suffisent pas et qu’il faille prendre la décision de laisser partir certains résidents. « Nous ne nous y faisons jamais. C’est toujours très émotionnel, mais nous en parlons en amont et la décision se prend à plusieurs. » confie Stecy Burnier
Un métier physique
Le CFC de gardien d’animaux s’obtient après 3 ans d’apprentissage. Les cours, pour les romands, se déroulent à Lausanne. Avant de trouver une place, la Châteloise avait effectué de nombreux stages dans le domaine: « c’est un métier particulier qui ne consiste pas seulement à caresser et promener les animaux, précise la jeune femme, Nous travaillons souvent dehors, par tous les temps: une bonne condition physique est recommandée ». Elle ajoute: « Il ne faut pas omettre la notion de nettoyage et d’entretien des locaux (plus de 50% du temps) qui implique une bonne capacité à supporter les odeurs. »
Certains mettent fin à leurs apprentissages à cause des horaires de week-end. Les plus motivés sont dirigés en troisième année dans leur spécialisation: chiens, chats, nouveaux animaux (NAC) et animaux sauvages ou de laboratoire. La Châteloise apprécie les cours et les notions de Biologie.
Si elle se sent plus d’affinités avec les gros chiens, elle avait pourtant adopté un chihuahua, Cucciolo, ajourd’hui décédé, qui l’avait littéralement choisie comme référente. « Je me suis attachée à cette population vieillissante. C’est quand ils sont âgés qu’ils ont le plus besoin de nous, d’amour et de câlins.
Son CFC en poche, elle continuera toutefois, à travailler à l’oasis des Vétérans, et projette d’effectuer une maturité fédérale. L’équipe accueillera un nouvel apprenti. « Cela nous maintient aussi dans l’évolution du métier » apprécie la responsable de formation.
Tous les soirs, vers 18h 20, le portail se ferme. Un employé reste sur place durant la nuit et observe les mouvements dans les chambres dotées de caméras de surveillance. Encore en formation, Stecy Burnier ne participait pas eux veilles, mais travaillait un week-end sur deux. « Ce sont souvent des moments plus calmes où l’on peut profiter davantage du contact avec les animaux ».

